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Alexandre Kantorow : Brahms review – obscurité gothique et douceur envoûtante | Musique classique

LL’année dernière, Alexandre Kantorow a sorti un enregistrement comprenant la Sonate pour piano n° 2 de Brahms aux côtés d’œuvres de Bartók et Liszt, et s’est annoncé comme un interprète de Brahms d’une perspicacité et d’une particularité inhabituelles. Ce nouveau disque entièrement Brahms poursuit là où cela s’est arrêté, avec les quatre Ballades, Op 10, la Sonate pour piano n° 3 et l’arrangement pour piano à main gauche du compositeur du violon Chaconne en ré mineur de JS Bach.

Alexandre Kantorow : pochette de l’album Brahms

Dans les Ballades, c’est le côté sombre, gothique, presque surnaturel des pièces qui ressort particulièrement fortement. À plusieurs reprises, Brahms envoie la main gauche du pianiste loin sur le clavier, soit en écho, soit en travaillant contre une mélodie entendue à un ton beaucoup plus élevé, et dans le jeu de Kantorow, ces marmonnements de ligne de basse apparaissent comme quelque chose de troublant, voire de subtilement perturbateur. Dans les passages les plus forts, il fait sonner l’instrument, tirant le maximum de résonance de toutes ces cordes vibrantes tout en maintenant en quelque sorte la clarté et la définition de chaque ligne. Dans les plus doux, son jeu a une douceur envoûtante, parfois onirique.

Les deux premiers mouvements de la sonate sont des mondes entiers en eux-mêmes, et les interprétations de Kantorow tiennent pleinement compte de leur portée ; son rythme du cinquième mouvement plus court complète l’œuvre d’une manière tout à fait convaincante. Son goût pour l’étalement des accords de bas en haut peut être un peu fort pour certains auditeurs, surtout lorsqu’il est associé à la manière dont il crée un va-et-vient rythmique entre le jeu de ses mains droite et gauche, créant un petit écart dans où le rythme tombe, mais tout est au service d’un jeu merveilleusement fluide et mercuriellement expressif.

Après cela, vous pourriez penser qu’une pièce à une main serait une déception, mais l’arrangement brillamment réalisé par Brahms de la Chaconne semble puissant dans son austérité relative. La pause de Kantorow sur l’accord pivot lorsque la musique revient dans la tonalité mineure a pour effet brutal de lessiver la plénitude et la vivacité de la tonalité majeure du son. C’est une touche typiquement révélatrice d’un pianiste avec une réelle affinité pour ce compositeur.

L’autre choix de la semaine

Le pianiste français Nicolas Horvath révèle (Grand Piano, deux CD) plus de la musique d’Hélène de Montgeroult, la pianiste, compositrice et professeur dont l’influence de fond sur des figures séminales comme Chopin et Schumann – et très probablement Brahms – n’est que maintenant reconnue. Horvath fait un travail attrayant et léger de ses neuf sonates pour clavier, dont plusieurs sont enregistrées pour la première fois.

 
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