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Les forces éthiopiennes combattent les rebelles tigréens pour le contrôle d’une ville clé

Les forces éthiopiennes combattent les rebelles tigréens pour le contrôle d’une ville clé
Les forces éthiopiennes combattent les rebelles tigréens pour le contrôle d’une ville clé

Les forces éthiopiennes et les rebelles tigréens se sont livrés une bataille rangée pour le contrôle de Kombolcha lundi, ont rapporté des habitants terrifiés, après que les rebelles ont affirmé avoir pris le contrôle de leur deuxième ville en deux jours.

Des informations faisant état de la capture de Kombolcha par les rebelles sont arrivées un jour après avoir revendiqué le contrôle de Dessie et, si elles sont confirmées, cela marquerait une avancée majeure du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) dans la guerre de près d’un an.

Une grande partie du nord de l’Éthiopie est soumise à un black-out des communications et l’accès des journalistes est restreint, ce qui rend les affirmations sur le champ de bataille difficiles à vérifier de manière indépendante.

Les habitants de Kombolcha ont décrit des coups de feu ininterrompus pendant la nuit et jusqu’au petit matin de lundi, certains affirmant avoir entendu ce qui semblait être une frappe aérienne à la périphérie de la ville vers minuit.

“La nuit a été remplie de nombreux coups de feu”, a déclaré Mohammed, qui, comme d’autres habitants, a refusé de partager son nom de famille pour des raisons de sécurité.

“J’ai entendu une frappe aérienne après minuit en dehors des frontières de Kombolcha”, a-t-il ajouté.

Hamdiu, un commerçant de Kombolcha, a déclaré à l’AFP qu’il avait lui aussi entendu ce qui ressemblait à une frappe aérienne vers minuit.

“D’énormes coups de feu ont été entendus jusqu’à (ce) matin”, a-t-il dit, alors que les rebelles sont enfermés dans des combats avec les troupes fédérales et les milices locales.

Au cours des deux dernières semaines, le gouvernement éthiopien a mené une série de bombardements aériens au Tigré.

Mais jusqu’à présent, aucun attentat n’a visé la région d’Amhara, où se trouvent Kombolcha et Dessie, a déclaré lundi à l’AFP une porte-parole du gouvernement : “Il n’y a pas eu de frappes aériennes à Kombolcha pendant la nuit”.

Le contrôle du ciel, avec une main-d’œuvre supérieure, est l’un des rares domaines restants où le gouvernement détient un avantage militaire sur les rebelles.

« Siège mortel »

L’AFP n’a pu joindre personne à Dessie, où de violents combats ont été signalés dimanche.

L’offensive des rebelles dans les villes au sud d’Addis-Abeba a alimenté les spéculations selon lesquelles le TPLF s’approchait de la capitale éthiopienne.

Mais le porte-parole des rebelles, Getachew Reda, a déclaré que le TPLF, qui a dominé la politique nationale pendant trois décennies jusqu’en 2018, n’avait “d’autre motif que de briser le siège meurtrier” du Tigré, en proie à une grave crise humanitaire.

Le Premier ministre Abiy Ahmed a exhorté les Éthiopiens à utiliser “tout type d’armes (…) pour bloquer le TPLF destructeur, le renverser et l’enterrer”.

“Mourir pour l’Éthiopie est un devoir (pour) nous tous”, a-t-il déclaré.

L’administration Amhara a ordonné dimanche à toutes les institutions gouvernementales de suspendre les services réguliers et de détourner leurs budgets vers “la campagne de survie”.

Ailleurs à Amhara, des rebelles de l’Armée de libération oromo – qui sont alliés au TPLF – ont annoncé dimanche avoir pris la ville de Kemissie, au sud de Kombolcha et située sur une grande route menant à Addis-Abeba.

Le conflit a éclaté en novembre dernier lorsqu’Abiy a déployé des troupes au Tigré, promettant une victoire rapide. Mais l’opération a plutôt dégénéré en une guerre prolongée marquée par des massacres, des viols de masse et une crise humanitaire.

(AFP)

 
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