Les forces éthiopiennes et les rebelles tigréens se battent pour une ville clé

Le Front populaire de libération du Tigré a revendiqué le contrôle de Dessie, marquant une avancée majeure dans la guerre de près d’un an

Les forces éthiopiennes et les rebelles tigréens se sont livrés une bataille rangée pour le contrôle de Kombolcha lundi, ont rapporté des habitants terrifiés, après que les rebelles ont affirmé avoir pris le contrôle d’une deuxième ville en deux jours.

Des informations faisant état de la capture de Kombolcha par les rebelles sont arrivées un jour après qu’ils ont revendiqué le contrôle de Dessie et, si elles sont confirmées, cela marquerait une avancée majeure du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) dans la guerre de près d’un an.

Une grande partie du nord de l’Éthiopie est soumise à une panne de communication et l’accès des journalistes est restreint, ce qui rend les affirmations sur le champ de bataille difficiles à vérifier de manière indépendante.

Les habitants de Kombolcha ont décrit des coups de feu ininterrompus pendant la nuit et jusqu’au petit matin de lundi, certains affirmant avoir entendu ce qui ressemblait à une frappe aérienne à la périphérie de la ville vers minuit.

“La nuit a été remplie de nombreux coups de feu”, a déclaré Mohammed, qui, comme d’autres habitants, a refusé de partager son nom de famille pour des raisons de sécurité.

“J’ai entendu une frappe aérienne après minuit en dehors des frontières de Kombolcha”, a-t-il ajouté.

Hamdiu, un commerçant de Kombolcha, a déclaré à l’AFP qu’il avait lui aussi entendu ce qui ressemblait à une frappe aérienne vers minuit.

“D’énormes coups de feu ont été entendus jusqu’à (ce) matin”, a-t-il déclaré, alors que les rebelles affrontaient les troupes fédérales et les milices locales.

Mais une porte-parole du gouvernement a déclaré lundi à l’AFP: “Il n’y a pas eu de frappes aériennes à Kombolcha pendant la nuit”.

Au cours des deux dernières semaines, l’armée de l’air éthiopienne a effectué une série de bombardements aériens au Tigré.

Le contrôle du ciel, avec une main-d’œuvre supérieure, est l’un des rares domaines restants où le gouvernement détient un avantage militaire sur les rebelles.

– ‘Siège mortel’ –

Pendant ce temps, le gouvernement a accusé lundi le TPLF d’avoir “exécuté sommairement plus de 100 jeunes résidents de Kombolcha”, mais n’a fourni aucun détail sur les meurtres.

En septembre, les autorités d’Amhara estimaient qu’au moins 233 000 personnes fuyant l’avancée des rebelles avaient trouvé refuge à Dessie et Kombolcha.

Le conflit a alarmé la communauté internationale, le secrétaire d’État américain Antony Blinken appelant à l’arrêt immédiat des opérations militaires.

Le Premier ministre Abiy Ahmed a exhorté les Éthiopiens à utiliser “tout type d’armes (…) pour bloquer le TPLF destructeur, le renverser et l’enterrer”.

“Mourir pour l’Éthiopie est un devoir (pour) nous tous”, a-t-il déclaré.

L’administration Amhara a ordonné dimanche à toutes les institutions gouvernementales de suspendre les services réguliers et de détourner leurs budgets vers “la campagne de survie”.

Le conflit a éclaté en novembre dernier lorsque M. Abiy a déployé des troupes au Tigré, l’opération s’étant transformée en une guerre prolongée marquée par des massacres, des viols de masse et une crise humanitaire.

Le conflit a poussé environ 400 000 personnes au bord de la famine, le Tigré étant sous un blocus de facto de l’aide, selon l’ONU.

M. Abiy, qui a remporté le prix Nobel de la paix en 2019, a déclaré que l’opération était une réponse aux attaques contre les camps de l’armée par le TPLF.

Il a juré une victoire rapide, mais à la fin juin, les rebelles s’étaient regroupés et avaient repris la majeure partie du Tigré, y compris la capitale Mekele, et les combats se sont étendus aux régions voisines d’Amhara et d’Afar.

 
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