La Colombie-Britannique veut moins de commerce avec la Chine, mais à quel prix ?

La Colombie-Britannique veut moins de commerce avec la Chine, mais à quel prix ?
La Colombie-Britannique veut moins de commerce avec la Chine, mais à quel prix ?

Alors qu’un peu plus de six Canadiens sur dix souhaitent que le pays commerce moins avec la Chine, presque autant s’inquiètent des retombées économiques

Lorsqu’il s’agit de commercer avec la Chine, « nous avons les cartes en main » et le Canada devrait détourner ses exportations du régime autoritaire, déclare Fenella Sung, militante pour les droits de l’homme et la démocratie à Vancouver.

Maintenant, un nouveau sondage d’Angus Reid publié lundi suggère que la plupart des Canadiens (61 %), et en particulier les Britanno-Colombiens, sont d’accord avec Sung.

Près de sept Britanno-Colombiens sur dix souhaitent que le Canada commerce moins avec la Chine, tandis qu’un nombre croissant de Canadiens souhaitent que les droits de l’homme soient prioritaires sur les facteurs économiques avec la superpuissance mondiale, a constaté Angus Reid.

Néanmoins, la plupart des gens (54%) s’inquiètent des conséquences économiques d’une cessation d’activité avec la Chine, selon le sondage.

Sung reconnaît que cela peut avoir un coût mais qui peut être atténué par des efforts pour diversifier les partenaires commerciaux. Selon Sung, toute perte à court terme que les exportateurs estiment pourrait être subventionnée par le système fiscal – un coût qui, selon Sung, en vaut la peine pour débarrasser le Canada des représailles et du comportement volatil croissants de la Chine ainsi que pour ne pas soutenir le Parti communiste chinois (PCC).

L’emprisonnement de l’ancien diplomate et analyste politique Michael Kovrig et de l’entrepreneur touristique Michael Spavor, que les responsables canadiens ont jugé erroné et arbitraire, à la suite de l’arrestation en décembre 2018 à Vancouver du directeur financier de Huawei Meng Wanzhou est souvent considéré comme une référence pour les opinions sur la Chine. Un sondage Angus Reid suggère que plus de Canadiens (77 %) accordent la priorité aux droits humains avec la Chine maintenant qu’en janvier 2019 (62 %). Et plus de gens en Colombie-Britannique (80 %) que dans toute autre province veulent que la relation globale du Canada avec la Chine soit définie par les droits de la personne.

En 2020, la Chine représentait 4,9 % des ventes à l’exportation du Canada (25 milliards de dollars) alors que la plupart de nos marchandises (73 %) sont vendues aux États-Unis. Quatorze pour cent de toutes les importations (77 milliards de dollars) au Canada proviennent de la Chine.

Sung affirme que c’est le Canada qui détient de nombreuses ressources naturelles essentielles (céréales, gaz naturel, pétrole, bois d’œuvre) dont dépendent les Chinois, alors que les Canadiens dépendent généralement principalement d’articles d’importation discrétionnaire. En d’autres termes, la Chine est dans une position plus désespérée, suggère Sung, un membre clé du groupe de défense des droits des amis canadiens de Hong Kong basé à Vancouver.

Pourtant, au cours des dernières années, le Canada a été confronté à des sanctions commerciales et à des pressions inattendues de la Chine, comme sur les produits agricoles. Et l’industrie viticole australienne a été ciblée par le PCC avec des tarifs en réponse aux tensions diplomatiques.

Et donc, les Canadiens s’inquiètent des conséquences de tenir tête à la Chine. Près de six Canadiens sur dix sont tout à fait ou plutôt d’accord pour dire qu’il y aurait des conséquences économiques. Ceux qui sont fortement ou plutôt en désaccord, comme Sung, ne représentent que 37% des personnes interrogées par Angus Reid. On ne sait pas combien de temps ces conséquences pourraient durer et comment y remédier.

Ceux qui accordent plus d’importance aux droits de l’homme sont moins susceptibles de s’inquiéter des conséquences économiques que ceux qui accordent plus d’importance au commerce.

Parmi ceux qui souhaitent que le Canada commerce moins avec la Chine, une majorité (60 %) croient que moins d’échanges peuvent être accomplis sans affecter l’économie. Un autre 28 % pense que le Canada peut couper les ponts et compenser toutes les pertes. Mais 12 % disent que ce n’est pas possible et malgré leurs opinions, le commerce avec la Chine devra continuer à maintenir l’économie canadienne.

Et la plupart des Canadiens (73 %) pensent que le Canada ne peut avoir aucun impact sur le « comportement » de la Chine alors que 22 % pensent qu’il pourrait y avoir un certain impact sur les dirigeants autoritaires du pays, selon le sondage.

Les sondages ont analysé les affiliations provinciales et politiques. Il a révélé que plus de libéraux (25 %) pensent que le Canada peut influencer le comportement de la Chine que les conservateurs (18 %). Et les partisans du NPD étaient les moins convaincus que le Canada pourrait compenser les pertes économiques, car 16 % ont dit que nous devons continuer à commercer avec la Chine (contre 12 % chacun pour les conservateurs et les libéraux). Cependant, les néo-démocrates ont montré le plus de soutien pour donner la priorité aux droits de la personne (86 % par rapport à 72 % chez les conservateurs).

La Chine a trouvé son plus grand soutien au Québec avec 30 % des Québécois déclarant que la Chine est un aussi bon partenaire commercial que n’importe quel autre, alors qu’en Colombie-Britannique, cette part est tombée à 21 %.

Enfin, le sondage a montré que les femmes (81 %) sont plus susceptibles que les hommes (73 %) de vouloir donner la priorité aux droits humains.

Le sondage intervient un mois avant les Jeux olympiques d’hiver de Pékin, où quatre Canadiens sur dix appellent à un boycott complet des athlètes.

Les exportations canadiennes vers la Chine ont augmenté en 2020 pour atteindre 24,5 milliards de dollars, contre 22,4 milliards de dollars en 2019; ces exportations de 2020 vers la Chine ont largement dépassé toutes les années précédentes, à part 2018 (26,8 milliards de dollars). La Colombie-Britannique a représenté 5,7 milliards de dollars des exportations de 2020, ce qui était le total le plus bas pour la province depuis 2016, lorsque le gouvernement libéral de la Colombie-Britannique a signé la province dans la controversée initiative chinoise “la Ceinture et la Route”.

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